festival

champ libre

6ème édition

programmation

édition annulée

14 > 28 août 2021

Cette année nous ne ferons pas le festival.

C’est une décision qui n’a pas été facile à prendre.

Fin août est annoncée comme le pic de la quatrième vague...avec tout ce qu'elle draine avec elle. Laissons la passer. On se retrouve après.

A présent, notre travail consiste donc à planifier les artistes, les ateliers et autres propositions de cette édition tout au long de la saison prochaine à l’Etoile Bleue. 

 

POURQUOI NOUS NE FERONS PAS CETTE ÉDITION - texte de Marion Guilloux

 Aujourd’hui, après de nombreuses tergiversations, le collectif CHAMP LIBRE a décidé d’annuler la 6ème édition du Festival. Cette année, le festival n’aura pas lieu et il nous semble important de vous expliquer pourquoi :

 

 Avant toute chose, nous souhaitons garder une position d’absolue neutralité quant à la question de la vaccination et questionnons surtout la mise en place autoritaire du pass sanitaire dans les lieux de culture. Depuis 6 ans, nous œuvrons à offrir au public des créations ouvertes à toutes et à tous, en faisant le pari que cela plaise ou non, créant des endroits de débats, de discussions, qui le plus souvent ouvraient sur des perspectives.

 

 Aujourd’hui, nous refusons d’être les outils discriminants d’un système qui n’a cessé de nous malmener depuis le début de la crise. Nous avons ouvert et fermé notre lieu, annulé, reporté, réinventé, en essayant de garder le sourire et les idées claires. En affirmant qu’il fallait serrer les dents et que cela irait mieux.

 

 Les médias affirment que le « cap du pire » sera passé en août, nous lisons que les jauges à 50 seront bientôt obsolètes, le lendemain cela change à nouveau, et au rythme de ces informations, nous avons tenté, en trois jours de réinventer trois programmations différentes jusqu’à nous regarder épuisés, et nous demander pourquoi nous faisions tout ça.

 

 Le festival CHAMP LIBRE existe depuis 6 ans et défend la création émergente, la pluridisciplinarité, les œuvres hétéroclites, invente des espaces de fête, de rencontres et de retrouvailles, se passe pendant l’été pour que tout le monde puisse profiter tard des derniers rayons de soleil et cela, dans des ambiances de joie et de partage qui n’ont jamais été remises en question.

 

 Cette année, nous tendons l’oreille et voyons la morosité et l’inquiétude qui ravage certains visages, commence à ronger les pensées et fait des sillons d’amertume dans certains gestes. Nous ne pouvons pas faire « comme si » nous ne le voyions pas.

 

 Un mois avant l’ouverture du festival, parce que nous avons encore le temps de prendre un peu de recul, là où d’autres festivals n’ont eu d’autres choix que de réagir dans l’urgence et en se réinventant au mieux face à cette nouvelle réglementation, nous refusons de faire semblant.

 

 Nous ne pouvons nous indigner de de la mise en place du pass sanitaire pour mieux l’appliquer ensuite, regarder avec une mine triste les QR codes de nos spectatrices et spectateurs tout en organisant un planning serré de bénévoles qui devront s’atteler à cette triste tâche de police improvisée.

 

 Nous refusons et en annulant, c’est un NON franc et net à la mascarade qui se déroule sous nos yeux, à ces mesures indécentes qui font courir les organisateurs et organisatrices d’événements comme des lapins, qui essore les artistes et les laisse avec des poches parfois plus vides que le mois précédent, créant une inquiétude tenace auprès des publics, vidant les salles, augmentant le sentiment de solitude et de vide existentiel en chacun.

 

 Jamais nous n’aurons payé aussi cher un mot et ce « non-essentiel » qui nous a tant mis à l’épreuve ces derniers mois, nous revient au visage avec la brûlure de la gifle : quoique nous essayons de faire, des décisionnaires ignorants des problématiques et des enjeux de nos métiers se gargarisent de faire les « bons choix » à notre place et nous laissent à nos endroits d’infantilisation et de claustration. Tant que nous pourrons faire barrage à cette politique qui nous méprise, nous continuerons à dire « Non ».

 

 Cette décision, qui créera sûrement de l’incompréhension, de la colère ou du mépris auprès de certains, nous semble nécessaire à une période où notre esprit critique et notre pouvoir de décision est de plus en plus malmené.

 

 Nous n’avons pas cessé de douter, de revenir sur chacun des choix que nous faisions jusqu’à nous apercevoir que ces choix étaient les mauvais, parce que la période nous empêchait de faire les bons, d’avancer avec assurance dans la concrétisation d’un projet aussi important (pour nous) que la mise en place d’un festival.

 

 Nous voulons donner à notre public ce pourquoi il nous a toujours rejoint avec confiance : de la qualité, de la diversité, des artistes disponibles pour les rencontrer, pour partager des instants de joie et de complicité. Nous avons toujours favorisé cette proximité. Aujourd’hui, en annulant, nous nous mettons certes à part, mais nous sommes persuadés que cela est pour le mieux.

 

 « Ne pas faire » , cela peut-être aussi une manière de résister.

 

 Nous ne partirons pas pour autant en vacances, et les portes de L’Etoile Bleue, si elles ne s’ouvrent pas cette année, couvent les germes d’un « spectacle en cours » auquel nous allons nous atteler, reprenant le courage nécessaire pour créer et vous l’offrir ensuite.

 

Et le plus vite sera le mieux.

Car, nous ne pouvons nous empêcher de nous répéter comme des bêtes enragés que :

 

 « La poésie sauvera le monde ».

EXPOSITIONS

Pendant toute la durée du festival

Cette année, ce sont quatre artistes, quatre femmes, d’âges, de parcours et de disciplines différentes, qui nous ouvriront les portes de leurs univers artistiques. L’écriture et la peinture, sous des formes différentes sont un moyen pour elles de nous raconter le monde, bon voyage!

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