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 festival

champ libre

8ème édition

programmation

18 > 27 août 2023

 EDITORIAL  Par Marion Guilloux                                                // EDITION 8 // 

Quels sont les signes d’un monde qui bascule ? 

Comme sur un trapèze, quelle longueur de corde nous reste-t-il pour défendre nos pouvoirs d’émancipation, de transgression, de rébellion ? 

 

Ces questions, nous nous les posons à chaque nouvelle édition du Festival. 

Nous nous les posons à nous, 

A vous, cher public, 

A elles et eux, artistes, qui viendront enrichir de leurs exubérances nos journée d’été. 

 

Il n’est plus temps de détourner le regard, de répéter pour se soulager que ce n’est qu’une mauvaise passe, notre monde brûle. De différentes manières, mais les départs de feu sont là  : sociétaux, écologiques, économiques, politiques. 

 

Le territoire de la culture se voit chaque jour un peu plus rogné par les injonctions au rationalisme, au néo-libéralisme, par le mépris du gouvernement pour nos pratiques salvatrices et tournées vers l’Autre. Celle ou celui que nous attendons toujours de rencontrer pour que nos mondes intérieurs restent vastes, en prise avec des réalités diverses, des enjeux de vie complexes, des sensibilités variables et variées. De l’humanité en barres énergétiques (de quoi se recharger les batteries pour traverser l’hiver.) 

 

Une fois de plus, nous remontons nos drapeaux, nos décors, nos barnums et tout l’attirail pyrotechnico-saltimbanque dont nous sommes capables. Parfois bricoles, bricolages, de bric et de broc, mais vous le savez maintenant, tout tient toujours et nous avons les reins solides ! 

 

Cette année, nous partageons l’affiche avec Rue du Cirque, qui, sous leur chapiteau, abritera l’art de la voltige, du clown, de la jonglerie, invitation au ré-enchantement de nos vies d’adultes désenchantés (comme il est lourd le fardeau de grandir, alors qu’on aurait seulement aimé traverser la vie juchée sur un poney en Mongolie ! ) 

 

A la Mégisserie, L’Avenir sera rose, quand bien même l’injustice et la rage nous donnent parfois l’envie de jeter un Parpaing dans la mare de nos solitudes contemporaines. 

 

Et à Corot ? Carnaval, profusion, rêverie, décadence pendant dix jours : expositions, soirées littéraires, concerts, théâtre, buvette, exploration de la nature avec un carnet et un crayon, discussions journalistiques en groupe, siestes musicales, radio, opéra-champêtre. 

 

Quittons l’esprit caniculaire qui corrodent nos villes et remontons avec lenteur les fleuves qui se déploient dans nos têtes. Un peu de fraîcheur et de répit à l’ombre d’un arbre qui sait bien, lui, que trop d’images et trop de bruits font barrage à nos imaginaires. 

 

Et enfin …

 

Entêtons-nous à distinguer l’art de l’idéologie. Soyons un rempart joyeux contre l’obscurantisme et cultivons la vastitude de nos âmes, nos compréhensions mutuelles, nos interrogations, nos espoirs comme des herbes folles, des feux follets. 

 

C’est ici et maintenant que cela se passe. 

 « La poésie sauvera le monde ».

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